Brevet réussi mais on peut faire encore mieux!

Baisieux, France 30/06/2019

Météo Soleil
Organisation Baisieux à vélo
Participants  590

 2019 La Basilienne Photos Teaser
 Photos: Baisieux à vélo

 

Honneur aux dames présentes en nombre sur notre brevet. Honte au Monsieur qui a pourri la matinée pour certaines avec ses insultes et remarques déplacées!

La Rando des 6 Bonniers

Organisateur: Les amis cyclos de Willems

 Rando des 6 Bonniers, Willems
Photos: Louis (Baisieux à vélo)

6h30, nous sommes rassemblés place de l’Opéra pour la photo d’avant départ. La ligne de départ est déjà derrière nous. Les derniers fêtards éméchés encouragent les cyclistes qui viennent de s’élancer vers Hardelot, qui nous attend au bout des 150 et quelques kilomètres du parcours. Déjà les premières chutes et soucis mécaniques (surtout des crevaisons, vu les éclats de verre qui émaillent les rues de Lille)

Des premiers 60 kilomètres, il y a peu de choses à raconter, un parcours agréable et relativement plat. On quitte rapidement la métropole pour la campagne et les weppes, puis la vallée de la Lys jusque Aire sur la Lys, et le 1er ravitaillement. Ce parcours est l’occasion de sympathiser avec les autres participants, ici un tandem, là un vélo pliant. Déjà la chaleur se fait sentir, on prend soin de bien remplir nos bidons.

Passé Aire, le paysage commence à changer, les premières côtes et vallons apparaissent, au travers de villages paisibles où certains spectateurs locaux nous encouragent. On arrive ensuite au 2ème ravitaillement, au bout de 90 kilomètres, sur le parking du Leclerc de Lumbres. C’est mon premier Lille-Hardelot, je ne sais pas du tout ce qui m’attend, mais je commence à avoir en tête 2 noms : la Calique et le Haut Pichot. Je sais aussi qu’il faut que je m’économise car Hardelot ne sera pas l’arrivée mais qu’une étape de mon périple du jour.

Notre petit groupe qui s’était disloqué après le 1er ravitaillement se regroupe pour affronter ce qui nous attend. Je prend donc chaque côte à mon rythme, sans forcer ni se faire mal. Je suis content d’avoir opté pour le Camelbak en plus des bidons, qui me permet beaucoup plus facilement de m’hydrater même dans l’effort. J’avale donc la Calique comme les autres côtes, et je m’en sors pas si mal. On rejoint ensuite le dernier ravitaillement à Samer, au bout de 136 kilomètres. Les organismes commencent à fatiguer, et les stands de nourritures et de boissons sont pris d’assaut. On remplit nos bidons au tuyau d’arrosage pour éviter la queue aux robinets, et il faut repartir pour les derniers kilomètres et la dernière épreuve avant Hardelot, le Haut Pichot.

On arrive rapidement en bas, qu’on ne peut que contempler et imaginer sa difficulté. Je l’attaque donc comme les autres, à mon rythme, un coup de pédale après l’autre. Je croise quelques cyclistes qui le montent pieds à terre et je me dis que ça pourrait aller plus mal pour moi ! J’arrive en haut le souffle court, juste après la photo. Je me retourne et ne vois plus mes collègues. Qu’est ce que je fais, je m’arrête, je continue tranquille pour les attendre ? J’opte pour la seconde option, et me fais rattraper et doubler par l’un des nôtres un peu plus loin. Je me mets donc à sa poursuite sans attendre le reste du groupe. Finalement, je ne le rattraperais jamais et finirais seul jusque Hardelot, comme un prélude à ce qui m’attend par la suite.

13h00, je passe seul la ligne d’arrivée comme les pros, entouré par les spectateurs et les barrières de protection mises en place sur les derniers mètres. On s’y croirait presque ! Pas de bière pour moi mais une bouteille d’eau qui rejoint mes bidons. Et après l’arrivée, au bout de la rue, il y a la mer. Je pose le vélo, discute avec les collègues qui m’ont rejoint quelques minutes plus tard, et dans ma tête il est déjà temps de repartir.

13h30, je décide de tourner le dos à la mer et de me remettre en route pour les 90 kilomètres qui m’amèneront à mon point d’arrivée. Confiant, et pressé d’arriver, je sors rapidement d’Hardelot, puis rejoint Samer après avoir croisé la route des valeureux cyclistes qui allaient attaquer le Haut-Pichot. A la sortie de Samer, une longue ligne droite en « faux-plat » me fait douter. Le vélo (ou les jambes) répondent difficilement, et je m’inquiète sérieusement de ma capacité à continuer. Je décide de m’arrêter au bout de cette ligne droite, pour m’hydrater et manger un morceau, et surtout me reprendre. Je décide de repartir, en continuant comme je suis arrivé jusqu’à Hardelot, sans forcer.

J’enchaîne ainsi les côtes et les chemins de campagne, seul, à mon rythme, tout en sachant que je n’aurais pas de répit avant 50 kilomètres. La mécanique reprend, et je fais une halte juste après avoir franchi les 200 kilomètres, à Campagne-les-Boulonnais, à l’ombre d’un platane. Un papi faisant la sieste en plein cagnard m’observe (ou pas, difficile à dire). Je reprends la route et les côtes, dont 2 mémorables à Fauquemberges et à Audincthun, avec les éoliennes en fond sonore. Je passe les dernières difficultés et fait une dernière pause avant la vingtaine de kilomètres restants à Ligny-les-Aire.

16h30, 235 kilomètres au compteur, je m’abrite du soleil près de l’église de Ligny-les-Aire. De la salle des fêtes à proximité sort une interprétation A cappella et éméchée de « Quand la musique est bonne ».

Des derniers 25 kilomètres, peu de choses à raconter. Je rejoins rapidement la piste cyclable le long de la nationale entre Lillers et Béthune. Physiquement tout va bien (hormis quelques irritations), mais l’envie d’en finir est bien là. Je rejoins Béthune, puis me met en pilote automatique jusqu’à mon point d’arrivée à Beuvry, et 260 kilomètres.

Long récit d'un week-end à vélo ensoleillé.

Les règles de ce BRM sont simples: ne jamais descendre en dessous des 15km/h de moyenne arrêt compris. Ca parait facile comme ça, mais si on s'arrête 4h pour dormir ça fait
sacrément chuter la moyenne.
Pour ce 600 d'Orchies je ne vais pas adopter les modes keep going ou push hard. Mes modestes moyens physiques ne me permettent d'adopter que le rythme du cyclo contemplentatif.
J'ai donc décidé de réserver une chambre d'hotel au km 334 à Friville-Escarbotin. Arrivée prévue à 22h, ça me laissera environ 5 à 6h de sommeil.
Réveil matinal ce samedi 1 juin. Levé à 4h, solide petit déj et vérification du paquetage puis on charge tout dans la voiture.
J'ai perdu les clés de la maison, je passe 20 minutes à les rechercher, rien à faire. Tant pis j'espère quand même arriver avant la nuit de dimanche. Je ne reveillerai donc pas mes femmes en revenant.

J'arrive à la salle Stablinski, il reste des places sur le parking. Je rencontre Alain un ex de Baisieux à Vélo qui se charge de l'accueil des participants sur le parking.
Il vient de déménager à Orchies, il était donc plus pratique pour lui de rouler avec Orchies (mais il regrette quand même un peu l'ambiance de Baisieux).
Mes collègues Christophe et Olivier arrivent à vélo de chez eux (Emmerin pour Christophe et Perenchies pour Olivier) et me saluent. Ils ont l'air de péter la forme.
Formalités d'inscription, petit bonjour à tous ceux qu'on reconnait puis c'est la photo rituelle et l'énoncé des consignes "chasubles retroréfléchissante et éclairage obligatoires,
prévener nous si vous abandonnez".

D2

39 au départ....

Ceux qui ont décidé de faire la distance d'une traite partent devant. Les autres restent ensemble en peloton accompagnés pendant quelques kilomètres par des cyclos d'Orchies.
ça reste plat jusqu'à Thérouane et le peloton reste groupé jusqu'au premier contrôle de Remilly-Wirquin.

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Puis ça commence à vraiment monter et je reconnais une partie du parcours de la défunte RFA (Randonnée Flandres Artois organisée autrefois tous les 2 ans par mon ancien club) en passant à l'hurtebise. On arrive au contrôle 2 de Puisieux km 182 sous la chaleur. On est encore une dizaine au café.
Puis direction contrôle de Remaisnil, l'organisateur a sacrifié au folklore BRM en posant un contrôle photo dans un village sans commerces.Ce point de contrôle est placé de manière stratégique
de façon à obliger tout le monde à grimper une bonne côte avant le village. Juste avant Remaisnil, on trouve un cimetière ouvert avec un robinet , quelle aubaine avec cette canicule!!!
Remaisnil. Mais quelle photo faut-il faire, les instructions sont assez longues mais pas très claires pour la plupart d'entre nous.
Nous nous posons devant le chateau à l'ombre de grands arbres pour se rafraichir en attendant un de nos compagnons de route qui répare sa chaîne.
Puis scéance photo, chacun son tour!

RE1r

 

 

 

 

 

 

 

 

pas bon

RE2r

 

 

 

 

 

 

 

 

pas bon

RE3r

 

 

 

 

 

 

 

 

ça y est, c'est la bonne!!!

 

Départ vers Auxy le chateau où nous sommes passés lors du 400. Puis on traverse Douriez (tiens ce nom me dit quelque chose???)
Maintenant je me retrouve dans un petit groupe de 4: Marie de Merville, Philippe l'audax et mon collègue Eric du BaZ, la fine équipe du 400, pour rejoindre Campagne les Hesdin.
Pointage au café, puis shopping au carrefour contact. J'achète des fruits (j'en ai marre des barres) et une bouteille de jus d'ananas que j'engloutis dès la sortie du magasin.
Tout le monde souffre de la chaleur et devant le magasin, Bertrand ancien urfiste comme moi nous explique comment il a réussi à prendre une douche dans un camping.
Puis pour Eric et moi, c'est passage obligé à la baraque à frite de la place. La queue est très longue (3/4 d'heure) mais le patron mets une sacré ambiance.
J'ai du mal à finir mon américain-fricadelle!!!

BFr

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le groupe des aristos d'Orchies arrive. Ils ont fait une réservation au resto de la place, puis pour eux ce sera nuit à Cayeux sur Mer et peut-être même soirée casino.
On se met en route vers Cayeux et je redoute les 15 km après Rue (piste cyclable obligatoire) mais ça se passe bien: la piste est bien séparée de la route et le paysage côtier est agréable.
On arrive à Cailleux à la nuit tombante. Eric est très règlement-règlement, et il veut absolument pointer dans un établissement doté d'un tampon homologué. On tourne dans Cailleux jusqu'à
trouver un bar disposant du précieux sésame. Plus que 15 km à faire avant Friville, puis ce sera dodo....

Km 334, mince je pensais que le Mc Do serait du côté droit de la route. C'est bizzare!!!

Putain, on est perdu.

La vieillesse est un naufrage! Pauvres bougres pas trop geek sur le bord de la route pestant contre leur téléphone en consultant qui Waze et qui Map.
Allo, t'as un portable et tu sais pas où t'es, mais allo quoi!!!
Et finalement l'illumination
Oh les neuneux!!! on a pris la trace GPS dans le mauvais sens au lieu d'aller vers l'hotel on est reparti à St Valery. Au moins 30 bornes pour rien, on n'est pas prêt de se coucher.
On fait demi-tour et cette fois on prends la piste cyclable OBLIGATOIRE. On voit sortir de la nuit un vélo fantome, c'est le gars de Boulogne qui est garé à côté de moi. On le rattrape et on roule un moment ensemble...
La nuit est douce, on se laisse bercer par la route. La tête se remplit d'une musique mélancolique à la mélodie hypnotique tournant en boucle qui aide à maintenir la cadence. Je suis dans mon tunnel, rien ne m'atteint.

"But hey, you think that I'm so strong
You think I've got it all
Maybe you're wrong"**
Je ne suis peut-être pas si costaud mais là ça roule Nickel Romeo**

On retraverse Cayeux et on finit par trouver l'hotel.
Bien sûr asteur la réception est fermée et il va falloir discuter avec l'automate. Hotel complet, heureusement j'ai réservé. Je tapotte sur l'écran, je tapotte "inserer carte de paiement" ...
"piste illisible" je frotte ma CB sur mon cuissard ... "piste illisible", encore et encore.
Eric tente sa chance à son tour. Ca semble fonctionner, il compose son code et là "débit 0". Au bout d'un quart d'heure d'essais infructueux la capricieuse machine consent enfin à nous donner la clé de notre chambre.
J'ai bien cru qu'on allait dormir à la belle étoile dans la couverture de survie.
Douche rapide et on convient que repartir à 4h comme prévu n'est pas raisonnable. On aura donc droit à 2h45 de sommeil.
Je me réveille en sursaut, m...e on dirait que le réveil n'a pas sonné. Mais non il est 4h55 et je me sens frais et dispo.
5h30 on est dehors prêts à repartir.
Après Friville on a encore quelques kilomètres de plat avant de rentrer dans le dur.
Côte de Bouillancourt en Séry, je mets un petit braquet et ça enroule, pas de sensation de jambes lourdes. Machine Laurent, zéro défaut, prête pour le service...
Quelques bonnes côtes encore pour traverser la vallée de la Bresles, Aumale puis arriver sur Campeaux contrôle du 395ème km.
Le café de la place de l'église n'est pas encore ouvert, on passe à la boulangerie pour pointer et acheter des pains au chocolat.
 Eric me dit: "je mange un petit pain tout de suite, sinon je vais tomber". Le bistrot est maintenant ouvert, ce sera l'occasion de prendre un bon café.

Ptitdejr

 

 

 

 

 

 

 

 

Prochain contrôle Etreillers dans 112km mais fermeture du café à 14h30. Ca devrait le faire tranquille... ouai
On rerattrappe le gars de Boulogne. Le soleil commence à taper et les gourdasses se vident. La pensée du jour revient à mon compagnon de route "Putain de pays, pas un café ouvert, même pas de cimetière".
Eric et moi n'avons pas les même qualités physiques. C'est un gros rouleur mais je me débrouille mieux en côte. On essaie donc de rester en vue l'un de l'autre.
A Chaulnes toujours pas de café, mais un terrain de sport où on me permet de remplir mes bidons au robinet. Je suis encore dans les temps pour rejoindre le prochain contrôle.
Mais pas d'Eric... il est peut-être passé sans me voir. Je continue, les bosses se succèdent avant chaque entrée de village. Je finis par rejoindre Etreillers mais il est 14h35.
Il y a des cyclos dehors et le café est encore ouvert. Je reconnais Marie et son copain qui ont quitté l'hotel de Friville à 4h. Eric arrive 10 minutes plus tard. On quitte le café
après avoir mangé et rempli les bidons. Le patron baisse les volets de son établissement. Dûr pour les suivants...
Plus que 90 bornes à faire. Le soleil cogne, la route de traversée de la Somme a tout d'un toboggan et met les organismes à rude épreuve. Après Oisy le Verger, on revient dans la plaine.
Des douleurs aux pieds apparaissent, ça devient dûr d'appuyer sur les pédales, tout ça avec un mal aux fesses qui m'oblige à me mettre en danseuse toutes les 5 minutes. J'aurai dû mettre de la chamois crème.
Les 25 derniers kilomètres sont les plus pénibles, je me rationne en eau : 1/4 de gorgée tous les 5 km. Un peu avant l'arrivée on croise un des sacochards du CCO qui rentre chez lui
sur son mulet. Le bouzin accusait 33kg à la pesée hier matin. Sacoches arrière, sacoche de guidon, vélo Génésis croix de fer (en acier comme il se doit) et porte-bagage Tubus, ça c'est du lourd!!!
c'est pas fait pour les faint of heart... respect!

On rejoint enfin Orchies. Il est environ 19h.

 

On discute avec les copains de route au local autour d'une petite collation. Bernard fait mine d'examiner avec zèle les photos du contrôle de Remaisnil...
Les collègues Christophe et Olivier sont arrivés à 14h, il paraît qu'ils ont dormi dans un cimetière.
Le groupe d'Orchies ainsi que 2 isolés ne sont pas encore rentrés. Il y a déjà 7 abandons.

Ainsi s'achève mon cycle des qualificatifs. Je pourrais théoriquement prendre part au PBP 2019 (si je m'étais inscrit).
J'espère que mes petits compte-rendu auront pu réussir à convertir certains d'entre vous à cette autre pratique du vélo qu'est la longue distance.
Et pour cela, les BRM sont une très bonne initiation!

KF

https://www.youtube.com/watch?v=cQiOcM2YKpg

 

J'ai encore ma chanson dans la tête
"you say this is the end
I'll tell you it's the hardest thing
I've ever had to do my friend"**

Mais non c'est plutôt début de nouvelles aventures.... et c'était pas si difficile , on a même bien rigolé.

* Quand t'es dans le désert    Jean-Patrick Capdevielle 1980
** Between the two et Nickel Romeo    Michael Steele & Crash Wisdom 1994

PS: Eric s'est pesé chez lui, il avait perdu 2.5 kg.